Ale
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| Sun Oct 29, 2006 4:53 pm Pourquoi le vélo? |
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À vivre en ville, entouré d'autos, à lire beaucoup sur les effets négatifs que ces véhicules occasionnent, cet extrait du livre "2 roues, un avenir" de Claire Morissette m'a vraiment fait un grand bien.
Les machines ont certaines tendances inhérentes. Un fusil est fait pour tuer, une bombe pour exploser. Les autos atteignent des vitesses qui tuent, les avions, parce qu’ils s’envolent, s’écrasent aussi parfois. Le vélo, lui, décuple le potentiel de mouvement de l’être humain, mais il contient ses limites intrinsèques, des limites à la mesure de l’humain. On en obtient ce qu’on y met, il rend ce qu’on lui donne. Aucun effet secondaire ne vient entacher les immenses bénéfices dont il nous fait grâce.
Le vélo est bon pour les enfants et pour les vieillards, il sert aussi bien les pauvres que les riches, il convient autant aux femmes qu’aux hommes, il est porteur d’avenir tant au Nord qu’au Sud de la planète. Par ses qualités écologiques, il bénéficie même aux non-cyclistes comme aux cyclistes. C’est l’ami de tout le monde, sans distinction ni exception.
Le vélo se satisfait de petits coins, se niche sur le balcon ou dans la garde-robe, disparaît sous les bagages qu’il peut porter. C’est un serviteur fidèle, robuste, durable, rendant service sans défaillir et n’exigeant presque rien en retour.
Le vélo respecte l’être humain : pas d’atteintes à la vie, pas non plus de rançon pour la qualité de vie, pas d’esclavage financier. Le vélo respecte aussi l’habitat : pas de démolition ni de tranchées dévastatrices pour l’accommoder, pas d’agression du voisinage.
Le vélo permet d’apercevoir la beauté, la rend accessible sans la défigurer. Les êtres vivants les plus fragiles, les sons les plus menus, les spectacles les plus grandioses, tout cela peut exister et être goûté sans le tapage, la puanteur, le surnombre, le gâchis et le mépris de l’automobile.
Alors que l’auto nous a entraînés dans une civilisation de la vitesse et de la croissance illimitée qui finit par nous dépasser, le vélo et la vitesse lente qui respecte ce qu’elle traverse, ne détrône pas son concepteur et obéit à son conducteur. Ivan Illich l’énonce bien : « On peut dire en quelque sorte que la bicyclette double le rayon d’action de l’homme, mais élève au carré ses possibilités. En outre, elle produit de la vitesse, mais ne prend pas de place […] L’homme peut alors parcourir une distance annuelle supérieure, tout en y consacrant moins de temps et tout en exigeant moins d’espace pour le faire. Il devient maître de ses propres déplacements, sans gêner ceux d’autrui. » Machine mécano-métabolique, outil convivial et écologique, la bicyclette s’oppose au véhicule qui rivalise avec l’humanité et épuise ses ressources." |
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